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Titre : Tuer le père

Auteur : Amélie Nothomb

Ma chronique :

Un roman assez surprenant tant le thème évoqué est ancestral et l’approche est moderne. L’écriture reste tout de même simple.

Comme le titre le sous-entend, Tuer le Père relate d’un complexe d’Œdipe. Cependant, la spécificité est que Joe, l’enfant en question, n’est pas l’enfant biologique du couple. Ces derniers l’ont recueilli alors que, âgé de quinze ans, il vivait dans la rue.

L’enfance de Joe a été marquée par l’absence de père et le désamour maternel. En effet, alors qu’il n’était encore qu’un enfant, sa mère a fait le choix de le mettre à la porte pour mieux vivre sa propre histoire d’ »amour », et enfin « garder un homme ». Sans repères familiaux et affectifs, Joe s’est construit seul. On comprend la méfiance et le mépris qu’il ressent pour la figure paternelle du foyer, tant il a toujours associé la présence d’un autre homme à la perte de sa mère.

Dès l’arrivée de Joe au sein du couple Norman-Christina, un malaise palpable s’installe, le jeune homme ayant du mal à trouver sa place parmi eux. A mesure qu’il grandit, il peut qualifier ce qu’il ressent pour Christina de « désir », et de là émet vite le souhait de la « voler » à Norman, alors même que ce dernier est son mentor, celui qui lui a tout appris de l’art de la magie.

Les protagonistes, issus du milieu artistique, vivent un peu leurs vies comme ils l’entendent, sans se soucier de la société et de ses codes. Ainsi, certaines scènes peuvent paraître quelques peu étranges, certains comportements marginaux et de nombreuses réactions sont inattendues.

Amélie Nothomb est un peu simpliste en décrivant l’évolution des relations du trio, mais on se laisse porter jusqu’à la fin du roman sans grande difficulté, car l’histoire demeure malgré tout vraisemblable.